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Greenfield Park l’a raté de justesse

Je vous avais indiqué dans mes souhaits de bon 10e anniversaire aux villes défusionnées que je reviendrais sur les résultats des référendums de 2004 où les citoyens de Greenfield Park avaient raté de justesse le droit de retrouver leur ville compte tenu des règles alambiquées mises en place par le Parti libéral au pouvoir. Voici les résultats pour les cinq municipalités qui avaient demandé un référendum pour retrouver ce qu’on leur avait enlevé et non pas pour demander ce qu’elles n’avaient jamais eu.

Ville PHV OUI NON Total % Parti-cipa-tion OUI relatif OUI abso- lu
Boucher-ville 29436 14116 4541 18780 64% 48% 76%
Brossard 50539 19558 4605 24420 48% 39% 81%
Greenfield Park 12939 3538 1863 5472 42% 27% 66%
St-Bruno 18542 8828 3427 12327 67% 48% 72%
St-Lambert 16735 6929 3011 10056 60% 41% 70%
  • PHV = Personnes habiles à voter inscrites sur la liste référendaire.
  • Total : il prend en compte les bulletins rejetés.
  • OUI relatif: % des OUI mesurés sur la totalité des PHV.
  • OUI absolu: % des OUI selon les règles habituelles au Québec de décompte des résultats.

Il fallait quand même insulter la démocratie pour exiger autant de la part de citoyens : 35% de OUI participatifs sinon votre ville ne vous est pas rendue. La barre a été trop haute pour Greenfield Park avec 27% de résultat  bien que 66% des personnes qui ont voté ont dit qu’elles voulaient retrouver leur ville. À ce que je sache, il n’y a pas eu de règles de participation minimale pour les référendums au Québec en 1980 et 1995 ou en Écosse en 2014 et la majorité simple aurait suffi.

Saviez-vous que Mme Caroline St-Hilaire a été élue mairesse de Longueuil en 2013 avec un taux de participation de 34% mais 29% de OUI participatifs. Oui, oui! 29%. Quelle est la vraie légitimité de sa victoire quand non seulement le résultat de 29% mais le taux de participation des Longueuillois aux dernières élections municipales a été inférieur à celui de 35% qu’il fallait en 2004 pour recouvrer sa ville? Le gouvernement aurait peut-être dû demander un autre scrutin ou déclarer la ville en tutelle faute de légitimité de l’élue.

Quelqu’un peut-il me donner des éléments d’explications pour la mise à jour de mon registre des règles démocratiques?

((NB: vous n’aimez pas la forme de présentation des résultats ci-dessus. Moi non plus mais l’éditeur de ce blogue n’est pas le dernier cri et il faut l’accepter ainsi))

Louis Mercier
Citoyen de St-Bruno-de-Montarville

 

Bon 10e anniversaire de défusion

C’est le 1erjanvier 2006, il y a 10 ans, jour pour jour, que les citoyens des villes de Brossard, Boucherville, St-Bruno et St-Lambert, forts d’un référendum dont les exigences ont fait honte aux simples règles démocratiques du Québec, ont recouvré leur ville. Bon anniversaire.

Bien qu’on ait promis en 2003 d’annuler les fusions de 2002, ces défusions se sont faites en dépit de la promesse rompue, car on a amputé la moitié du champ de compétences de ces villes, qui était le leur avant les fusions forcées de 2002. En effet, lors des référendums de 2004, l’alternative était de continuer d’être un simple arrondissement avec la jouissance éphémère d’une fiscalité progressive de transition jusqu’en 2012 sur 80% des postes budgétaires et un plein effet des règles de Longueuil par la suite ou d’être une ville reconstituée avec le contrôle de 50% des postes budgétaires, mais l’imposition dès 2006 des règles fiscales de Longueuil pour l’autre 50%. Comme dit le proverbe, entre deux maux, il faut choisir le moindre. Ainsi, les citoyens et citoyennes de ces quatre villes ont décidé que l’existence de leur ville n’avait pas de prix et ont opté pour la défusion. Cette décision était la plus sage et la meilleure dans le contexte. Pensons à Outremont dont la mairesse regrette aujourd’hui que son ancienne ville soit un arrondissement à la botte de la ville de Montréal.

Je publierai bientôt pour rappel les résultats des référendums municipaux des cinq villes de Longueuil où les citoyens voulaient se prévaloir du droit de reconstituer leur ville. Quand on pense qu’à Greenfield Park, l’objectif leur a échappé: 42% de la population s’était déplacé pour voter et deux personnes sur trois ont voté pour se défusionner. Hélas, la barre démocratique de la règle arbitraire de participation du 35% a été trop haute pour cette ville. Depuis, ces citoyens sont devenus à la merci du dictat de Longueuil. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site du directeur général des élections du Québec à Élections Québec.

À nouveau, bon 10e anniversaire de défusion.

Louis Mercier
Citoyen de St-Bruno-de-Montarville