PTI 2025-2027 : mon absence au conseil

Eh oui! J’étais absent lors de la séance extraordinaire du 11 juin dernier où le programme triennal d’immobilisations (PTI) 2025-2027 a été adopté, séance qui a été expédiée en moins de 2 minutes . Quelques citoyens l’ont remarqué et m’en ont fait part. Même si ces « quelques » se comptent sur les doigts des deux mains, le nombre est déjà trop élevé pour que je ne fournisse pas d’explication de cette absence, je dirais, contre mon gré.

Vous connaissez tous mon appétence pour les dossiers financiers de la ville de telle sorte que je n’ai raté à ce jour aucune des séances extraordinaires tant pour l’adoption du budget annuel en décembre que pour celle de l’adoption du PTI annuel en juillet.

C’était donc mon intention cette année et j’étais très préparé compte tenu du fort taux d’endettement que la ville va connaître en 2026 – j’y reviendrai plus loin, d’assister à la séance prévue en début d’année pour juillet. Or, bien que la Ville était au courant de mon absence pour le conseil ordinaire du 11 juin car j’étais en vacances à l’étranger – malheureusement la loi pour participer par visioconférence n’entre en vigueur qu’en septembre prochain, il a été décidé de devancer la présentation du PTI à cette date plutôt que de respecter l’usage établi de le présenter en séance extraordinaire juste avant la séance ordinaire du début de juillet.

Pourquoi en a-t-il été ainsi? Désolé, mais je ne me lancerai pas dans cet exercice analytique aux multiples hypothèses. Par contre, si j’avais été présent, j’aurais voté contre ce PTI car sa réalisation, même si les projets sont moindres cette année, conduit la ville à un taux d’endettement sans précédent. Et cela est inacceptable pour moi. Sachant que j’allais être absent et que Vincent Fortier également était absent, mais aurait été présent en juillet si la date n’avait pas été devancée, nous avons transmis un communiqué de presse repris en partie par l’hebdomadaire des Versants et que j’ai complété par une communication téléphonique avec le journaliste. Voici le lien de l’article qui a été produit en page 12 du numéro du 19 juin des Versants.

Cet article, un peu superficiel, mérite d’être bonifié par des explications pour que vous compreniez les motifs qui m’auraient conduit à voter contre. Ils sont, disons, de deux ordres:

Élections municipales en 2025:

Des travaux qui n’avaient aucune urgence dans le PTI de l’année dernière ont été devancés dans le PTI de cette année pour leur réalisation sous le prétexte que ça devient important pour garantir la pérennité des infrastructures. Voici deux exemples qui nous sont présentés: la « Revitalisation du Parc Rabastalière » pour un montant de 174 000$ l’année dernière est classée maintenant dans le groupe d’intervention pour la pérennité de nos infrastructures ( le ciel va s’écrouler si on n’intervient pas) et le montant passe à 3,1M$; non pas 310 000$ mais bien 3,1M$. Même scénario pour le Parc Duquesne qu’il faut impérativement revitaliser sinon la pérennité ne sera pas assurée quand l’année dernière, ce n’était même pas au dossier des 3 prochaines années. En un an, encore une fois, on constate que le ciel va s’écrouler. Coût: 600 000$ . Au chapitre du resurfaçage de rues que la ville planifie au rythme d’un métronome, on prévoyait l’année dernière 700 000$ par année pour les trois années à venir. Cette année, on en devance en 2025 pour 1 300 000$ pour revenir les années suivantes à 600 000$.

Il faut savoir que 2025 sera une année d’élections au municipal. Ça rappelle les années Duplessis.

Endettement:

L’exercice de production du PTI s’accompagne de la production d’un cadre financier pour une période de 5 ans. On veut mesurer ainsi l’effet que les dépenses en immobilisations du PTI auront sur les finances de la ville, car pour réaliser le PTI, il faut emprunter de l’argent. Avec le PTI de l’année dernière en cours d’exécution et ses dépenses importantes déjà réservées sans être nécessairement engagées mais ça viendra (complexe sportif, patinoire réfrigérée, égout collecteur, etc., etc), celles prévues dans le PTI 2025-2027 viendront s’ajouter. C’est là où le bât blesse. Voici pourquoi.

À la fin du dernier exercice financier 2023 de la ville de Saint-Bruno, l’endettement total net à long terme se chiffrait à 99,9 M$ par rapport à des revenus de 89,3M$ pour un ratio d’endettement de 112%. Ce même ratio pour les villes voisines suivantes à la même date est:

  • Boucherville: 158%
  • Brossard: 123%
  • Longueuil: 109%
  • Saint-Basile: 159%
  • Sainte-Julie: 94%
  • Saint-Lambert: 119%

Cette comparaison place Saint-Bruno dans la partie inférieure de ce groupe. Si on fait l’hypothèse raisonnable que les ratios de ces villes demeureront constants et il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas ainsi et si les meilleures estimations de développement se réalisent à Saint-Bruno, le ratio de la ville va s’emballer pour les 6 prochaines années de la façon suivante:

  • Saint Bruno à la fin de 2024: 157%
  • Saint Bruno à la fin de 2025: 232%
  • Saint Bruno à la fin de 2026: 263%
  • Saint Bruno à la fin de 2027: 246%
  • Saint Bruno à la fin de 2028: 245%
  • Saint Bruno à la fin de 2029: 238%

Ainsi, Saint-Bruno va devenir le cancre financier de ce groupe, ce qui me fait dire que Saint-Bruno vit au-delà de ses moyens. Il va falloir dès 2025 augmenter les impôts pour contenir la dette ce qui n’est pas prévu au programme du parti au pouvoir pour la réalisation du PTI.

La gestion des finances de la ville de Saint-Bruno par l’équipe du maire Grisé Farand est imprudente et je ne peux y souscrire.

Je vous souhaite une excellente fin de semaine en ce long congé.

Louis Mercier

DES IMMEUBLES DE 14 ÉTAGES À SAINT-BRUNO.

Oui, oui! J’ai bien écrit quatorze étages comme on les compte sur la photo de cet immeuble qui existe sur notre planète Terre.

Qu’en est-il plus exactement?

La Ville de Saint-Bruno organise à la dernière minute une présentation publique concernant le futur plan particulier d’urbanisme (PPU) du secteur des Promenades le 29 novembre prochain, à 19 h, à la salle Lucien-Foucreault située au 82, boulevard Seigneurial Ouest (bibliothèque Georges-Brossard). Les citoyens sont invités à venir assister à cette présentation pour en apprendre davantage. Voici le lien dans le site web de la ville.  https://stbruno.ca/nouvelles/ppu-du-secteur-des-promenades-presentation-publique-organisee-pour-la-population/

En complément aux renseignements transmis dans ce message étriqué de la ville pour que le projet revête ses plus beaux atours, il est important d’ajouter que dans ce projet :

  • Il y aura certes des immeubles de 4 et 6 étages, densification oblige, mais il y aura 10 immeubles de huit étages, 3 de dix étages, 2 de douze étages et 2 de quatorze étages;  
  • Le projet va accueillir quelque 4 000 nouvelles unités d’habitation (plus exactement 3 885 ) sur un terrain de 20 hectares, soit la superficie de 25 terrains de soccer;
  • Cette superficie est 50 fois plus petite que le Saint-Bruno actuel qui compte un peu plus de 10 000 unités d’habitation;
  • Si densification oblige, le PMAD ( Programme métropolitain d’aménagement et de développement) ne demandait que 40 unités à l’hectare pour un total de 800 unités;
  • Ces 4 000 unités d’habitation seront enclavées derrière les magasins Home Dépôt et Canadian Tire aux Promenades St-Bruno avec uniquement une sortie par le centre commercial pour venir au centre-ville. Il y a de forts risques de demandes éventuelles d’ajouts d’infrastructure, aux frais des contribuables actuels, tel qu’un nouveau pont d’étagement ( viaduc) et une passerelle vers la gare de St-Bruno qui pourrait à terme être rapatriée plus près de la ville actuelle – un emplacement plus logique – et en meilleure situation pour desservir un développement immobilier ordonné du sud 166;
  • L’école de ce quartier sera adossée à la 116 et ne sera pas implantée au centre du projet, contrairement aux normes recommandées par l’OMS et la Direction régionale de la santé publique;
  • Uniquement trois immeubles de 3 étages avec un potentiel d’accueil de 12 familles par immeuble. Question : cela permettra-t-il de justifier une « école de quartier »;
  • Il est difficile de concevoir ce mini Saint-Bruno avec une représentation large de ce qu’on souhaite d’une mixité qui offre un endroit de vie agréable et non un ghetto segmenté de quelques strates de notre population urbanisée; et
  • Aucune étude de circulation n’a été faite par la ville;

Il est primordial de bien comprendre ce qui se dessine dans notre ville. Si c’est ce que voulez pour Saint-Bruno , venez en apprendre plus. Si vous avez des questions, c’est le temps de les poser. Si ce n’est pas ce que vous voulez pour Saint-Bruno, venez le dire au maire et aux conseillers municipaux qui seront présents .

Pour ma part, ce dossier est un copier-coller de bien des histoires d’horreur qui se répètent d’année en année dans le développement immobilier de nos villes et qui font les manchettes de l’information quand il est trop tard et que les citoyens disent: » Comment se fait-il qu’on ait fait cela et qu’on ne nous ait pas consultés ».

Cordiales salutations

Louis Mercier

Complexe multisport à Saint-Bruno : Il manque 10,6M$ dans les calculs

La ville de Saint-Bruno consulte actuellement sa population pour l’emplacement du futur complexe multisport. Le choix porte sur deux options : l’école secondaire du Mont-Bruno dans le centre-ville (CÉS) pour un montant annoncé de 59M$ ou le parc Marie-Victorin dans la zone industrielle (CMV) pour un montant annoncé de 55M$. Ces montants ont été déterminés par le cabinet-conseil BC2 que la ville a retenu.

Avant de continuer, sachez que ce billet est très long et pour cause, mais lisez au moins les cinq prochains paragraphes et le tableau sommaire si vous ne voulez pas lire le fin détail qui suivra par après; ensuite rendez-vous à la conclusion. N’oubliez pas que l’enjeu est plus de 50M$ et il est important que vous ayez l’heure juste.

La ville annonce dans la page Ma Voix de son portail, le coût des deux projets et ensuite, décline les explications pour cet écart de 4M$. Or, la réalité est toute autre, car le CÉS coûtera 6,6M$ de moins que le CMV et non pas 4M$ de plus. Oui vous avec bien lu : 6,6M$ en moins. Cela veut dire qu’il faut expliquer un écart dans les chiffres de la ville où il manque 10,6M$, pour passer de +4M$ à – 6,6M$ en faveur du CÉS.

Alors et c’est bien malheureux, la ville ne présente pas les vrais coûts financiers des deux projets, mais plutôt les décaissements qu’elle devra faire au cours des années à venir. Je trouve cela très déplorable, car pour des sommes d’une ampleur jamais vue à Saint-Bruno, on ne présente pas les vrais coûts financiers des deux projets et on se contente d’une « simple comptabilité de caisse ». En bref, voici dans les grandes lignes le portrait redressé de la situation.

Selon la ville, le point de départ de l’écart entre les montants des décaissements prévus en faveur du CMV est égal à 4 000 000 $; il faut redresser ce montant par les ajouts suivants :

A.Valeur actualisée des produits financiers sur les décaissements à l’avantage du CÉS 1 746 000 $
B.Absence de la comptabilisation de la juste valeur de marché du terrain à Marie Victorin dans le calcul du coût du CMV6 759 000 $
C.Gain net de l’installation de la géothermie au CÉS afin d’aller chercher des subventions du Fonds Vert572 000 $
D.Valeur actualisée estimée de frais de voiture pour l’ensemble des km additionnels parcourus par les citoyens pour la durée de vie utile du projet pour se rendre au CMV1 293 000 $
E.Valeur actualisée estimée des pénalités selon le modèle fédéral de tarification de la pollution par le CO2 pour les km additionnels parcourus pour la durée de vie utile du CMV257 000 $
 Somme des postes oubliés par la ville10 627 000 $

Ainsi, comme on pourra le lire ci-dessous, lorsqu’on impute au débit ou au crédit les cinq montants de correction dans le tableau, le vrai coût financier du CVM n’est pas 55M$, mais plutôt 56,4 M$, une hausse de 1,4M$ tandis que celui à l’école secondaire sera de 49,8M$et non pas 59 M$, soit une baisse de 9,2 M$.

Voilà en résumé le vrai portrait de la situation financière pour déterminer les vrais coûts importants.

Merci de vous être rendu jusqu’ici et ceux qui en ont assez peuvent sauter directement à la conclusion.

*******

Je vous invite maintenant à lire ce qui suit si vous voulez bien comprendre les enjeux financiers des deux projets. Je me limite au volet financier ici, car je ne veux pas intervenir dans une analyse méticuleuse de chaque avantage ou chaque défi d’un emplacement par rapport à l’autre que la ville présente. De plus, ceux qui veulent se mettent les mains dans le terreau et consulter mon document d’analyse de 12 pages pour expliquer les erreurs, peuvent cliquer sur ce lien Complexe multisport – Coûts financiers mai 2022 SLM.

Notion de la valeur actualisée :

Avant de nous lancer dans les explications poste par poste, vous devez vous faire violence pour comprendre un principe de base dans les calculs de mathématiques financières, soit celui de calculer les valeurs des coûts financiers à comparer entre deux projets – c’est bien le cas ici que la ville tente de faire.

Prenons un exemple tout simple. Si le projet A coûte 10M$et que le projet B coûte 10,5M$et qu’on ne vous donne aucune autre information, tout individu moindrement intelligent arrivera à la conclusion que le projet A est moins cher que le projet B de 0,5 M$. Donc, comme la ville l’indique, 55M$ est moins élevé que 59 M$, mais il manque des morceaux.

Ajoutons l’information suivante : le calendrier de paiement du projet A nécessitera un paiement dans un an de 10M$ et celui du projet B,10,5M$ dans trois ans. De plus, l’argent dont vous disposez pourra être investi à 3%.

La conclusion maintenant est la suivante : pour le projet A, il faut alors avoir dans le compte de banque aujourd’hui 9 708 738$ qui dans un an, aura rapporté à 3% la somme de 291 262 $. Par contre, pour le projet B, pour lequel il faudra tirer un chèque de 10,5M$ dans trois ans, c’est une somme de 9 608 987$ qu’il faut posséder aujourd’hui en banque, soit presque 100 000 $ de moins que le montant du projet A. Pourquoi : parce que, le montant de 9 608 987$ va produire 288 270 $ de revenu de placement la première année et ensuite par le jeu de l’intérêt composé, on comptabilisera un gain de 296 918 $ à la fin de la 2e année et enfin, 305 825 $ à la fin de la 3e année pour avoir exactement 10 500 000 $ et ainsi, tirer le chèque de ce montant.

Conclusion : pour le projet A qui au premier coup d’œil, semblait plus avantageux selon les décaissements attendus, la réalité est tout autre et le projet B est moins cher quand on calcule la vraie valeur du coût financier selon la science des mathématiques financières. Cette conclusion est inattaquable.

Prenons maintenant les cinq points indiqués dans le tableau ci-dessous un à un et expliquons dans les grandes lignes pourquoi on arrive à de tels sommes.

A. Valeur actualisée des produits financiers :   1 746 000 $

Les projets du CMV et du CÉS seront respectivement terminés à l’automne 2026 et à l’été 2028, pour un écart d’un an et trois quarts, soit 21 mois. Dans le cadre financier du projet du complexe multisport, la direction des finances de la ville (DFATI) nous a fait connaître le calendrier des paiements du CÉS. Elle ne nous a pas remis le calendrier de paiement du CMV. Cela ne représente pas une difficulté majeure et significative, car en conservant la répartition des paiements pour la réalisation du CÉS et en l’écourtant en proportion et de 21 mois à terme, il était facile de développer un calendrier de paiement sans risque de se tromper de façon démesurée. Voilà donc les flux de trésorerie des débours construits pour le modèle de calcul.

Ensuite, il suffit d’asseoir une hypothèse raisonnable de rendement, nette d’inflation bien entendu, selon la courbe de taux d’intérêt sans risque au Canada et une hypothèse des primes de risque pour des placements dans des instruments financiers sûrs – les obligations municipales en sont par exemple.

Enfin, il reste à bâtir en excel les valeurs d’actualisation de tous les débours – ce qui a été expliqué précédemment où chaque montant est actualisé en date de valeur du projet qui est mai 2022 – afin d’obtenir la valeur actualisée des projets, c’est-à-dire le montant exact qu’il faut pour s’acquitter méthodiquement du calendrier de paiements. Dans mon document de travail que vous pouvez consulter, vous constaterez que presque tous les montants sont absents. Pour l’instant, je préfère ne pas divulguer tous les flux financiers, car ce sont des montants que j’ai obtenus dans le cadre de mes fonctions de conseillers et je ne suis pas sûr qu’ils soient publics. En temps et lieu, on demandera l’autorisation de la ville de les publier.

Les résultats sont donc :

  • CÉS : si les décaissements, le point de départ, totalisent 59M$, le montant exact du coût financier en date de mai 2022 est 54 981 000 $, soit 4 019 000 $ en moins; et
  • CMV : si les décaissements, le point de départ, totalisent 55M$, le montant exact du coût financier en date de mai 2022 est 52 727 000 $, soit 2 273 000 $ en moins.

Ainsi, on affirme sans se tromper que le CÉS donnera un rendement financier additionnel par rapport au CMV de 1 746 000 $, soit 4 019 000 $ moins 2 273 000 $.

B. Juste valeur marchande du terrain à Marie Victorin :   6 759 000 $

La ville décide de ne pas comptabiliser la valeur du terrain dans le coût du CMV, sous prétexte qu’elle possède déjà le terrain. Il y a de quoi tomber à la renverse. C’est un raisonnement qui ne tient pas la route.

Pour la petite histoire, la ville est devenue propriétaire du terrain à Marie-Victorin le 25 janvier 2019 pour la somme de 1 473 000 $, tous frais compris. C’est un terrain industriel qui, en passant, jouit toujours d’un zonage industriel. Le sommaire décisionnel de l’époque pour appuyer la résolution de la séance du conseil de juin 2018 qui avait entériné l’achat stipulait que ce terrain avait été acheté notamment pour y accueillir un terrain de baseball. La conseillère actuelle Louise Dion et le conseiller de l’époque Joël Boucher avaient voté contre cet achat.

Ne pas prendre en compte la valeur du terrain dans le coût du CMV relève du domaine de l’incohérence. En effet, si le terrain avait été acheté le 8 novembre dernier, le lendemain de l’élection municipale, on aurait tenu compte de ce prix d’achat. Alors, où est la date de coupure entre la date d’achat du terrain le 25 janvier 2019 et le 8 novembre 2021 pour dire que, passé cette date du 8 novembre 2021, on ignore la valeur du terrain dans le coût du CMV. Cette analyse courte que le maire défend tant bien que mal est inexplicable et pour prendre ses mots, d’autant plus qu’il est comptable de profession, s’inscrit dans le registre de la « comptabilité créative ».

Donc, il faut comptabiliser cette valeur dans le prix du CMV. Mais attention si l’envie vous prend d’ajouter 1 473 000 $ au 52 727 000 $ que nous avons calculé au point A ci-dessus pour tenir compte des produits financiers. Ce serait une erreur de le faire, car il ne faut jamais selon les règles des mathématiques financières additionner des montants qui n’ont pas la même date de valeur, ce qui est le cas ici. Pour remédier à cela, il faut actualiser les montants de 1 473 000 $ en tenant compte des taux d’intérêt qui avaient cours à ce moment-là. En effet, bien que le terrain ait été payé comptant, ladite somme aurait pu servir par exemple à ne pas emprunter pour une réfection de rue ou autres travaux d’immobilisation. En conséquence, la règle des mathématiques financières nous impose de capitaliser à aujourd’hui le montant de 1 473 000 $ avec intérêt dont le taux d’intérêt valait 2,70% à ce moment-là – je vous épargne la justification de ce taux de 2,70%, mais si vous brûlez d’envie de le savoir, écrivez-moi.

Le résultat est le suivant : la valeur du terrain au 1er mai 2022 est égale à 1 607 000 $, en hausse de 134 000 $, ce qui donne un coût redressé pour CMV de 54 334 000 $.

Ce n’est pas terminé. Il en reste un autre gros morceau.

Que se passera-t-il si on reteint le CÉS. Ce terrain à MV, dans l’exercice de la prise de décision, n’a plus sa raison d’être et il n’a plus d’utilité. On pourrait le garder et maintenir sa valeur comparative en mai 2022 à 1 607 000 $ jusqu’à ce qu’un autre projet refasse surface. Or cette valeur comparative est inexacte maintenant, car le marché a fortement évolué au cours des trois dernières années avec l’excellente tenue de l’économie et des taux d’intérêt en baisse. En effet, des ventes récentes de terrain dans le parc industriel nous indiquent que les terrains se transigent entre 25$-27$ le pied carré. De plus, la ville vient d’acheter le terrain de Vanderzon, rue Clairevue à un jet de pierre du terrain à Marie-Victorin pour une valeur de 27,14$ du pied carré, mais avec les travaux de démolition et autre, cela valorise le prix de 0,50 $ et c’est un minimum, car on ne sait pas s’il faudra décontaminer les sols. En conséquence, ce prix au pied carré valorise le terrain à Marie-Victorin à 6 759 000 $. Mais, puisqu’on vient tout juste d’imputer 1 607 000 $ à CMV, il faut retrancher ce montant de 6 759 000 $, ce qui laisse une « plus-value latente » ou « gain en capital non réalisé » de 5 152 000 $. Ce gain doit être transféré à CÉS en diminution du prix où le terrain sur lequel le CÉS sera érigé et qui est d’une superficie comparable coûterait nettement moins à la ville. C’est tout un gain qu’on vient de réaliser, n’est-ce pas.

Voilà donc maintenant que le CÉS est redressé à la baisse et passe de 54 981 000 $ à 49 829 000 $.

En passant, j’ai validé mon analyse auprès de deux actuaires chevronnés, dont un détient en plus le titre de CFA et les deux sont d’accord comme quoi il faut retenir la valeur marchande du terrain pour CMV.*

C. Potentiel géothermique du site du CÉS :   572 000 $

On entend parler de géothermie, mais peu d’aquathermie. L’aquathermie s’apparente à la géothermie. Actuellement, l’école secondaire Mont-Bruno utilise l’eau du lac de l’ancienne carrière comme moyen pour chauffer l’école. Les cinq immeubles en copropriété de Saint-Bruno-sur-le-Lac en font de même et permettent non seulement de chauffer, mais également de climatiser ces immeubles.

Il y a donc un fort potentiel pour le CÉS d’installer cette forme de géothermie et de demander des subventions par exemple au Fonds Vert. Cette technologie permettra de diminuer fortement les frais de chauffage et de climatisation.

Pour ceux qui sont férus de géothermie, ils diront qu’il est possible d’installer également de la géothermie sur le terrain de Marie-Victorin et de demander des subventions au Fonds Vert. C’est exact, mais la différence, c’est que la géothermie classique qui y serait construire nécessite le forage de 46 puits de 150 mètres, soit 500 pieds de profondeur au coût par puits de l’ordre de 14 000$ hors taxes et ristourne. Si on tient compte que l’aquathermie nécessitera la mise en place d’une conduite de 100 000 $ hors taxes et ristourne, il faudra dépenser une somme additionnelle de 572 000 $ pour le CMV afin de pouvoir prétendre à une subvention au Fonds Vert. Quant aux performances de la géothermie par forage par rapport à l’aquathermie, elle serait normalement de valeur égale et n’avantage ni ne désavantage aucun des projets.

Le coût financier du CMV, passe donc de 54 334 000 $ à 54 906 000 $.

D. Frais additionnels collectifs de déplacement en voiture au CMV :   1 293 000 $

Les Montarvillois et Montarvilloises vont utiliser leur voiture pour se rendre à un des deux complexes multisports. En établissant certaines hypothèses de fréquence à partir du rapport de l’expert embauché par la ville, le cabinet BC2, et du nombre de cases de stationnement prévues, on arrive à déterminer par un échantillon de point de lecture sur la carte de la ville, le nombre de km additionnels moyen et le mot moyen est important, que parcourront en plus les citoyens si le CMV est retenu. On arrive à 1,98 km pour un aller simple et donc 3,96 km en aller-retour.  Le chiffre pourrait être plus élevé s’il était possible d’établir un calcul pour mesurer la mobilité active qui sera bien supérieure avec le CÉS et qui pourrait aller en augmentant avec le mouvement important de sensibilisation en ce sens. Faute d’avoir un calcul solide, cela a été ignoré. Quelqu’un peut-il me venir en aide?

Ces 3,96km s’additionneront et si les petits ruisseaux font les grandes rivières, ces 3,96km additionnent à 346 500 km par année, près de neuf fois le tour de la planète Terre à l’équateur. Pour un utilisateur assidu, cela peut représenter au cours d’une présence de 35 ans, un montant de l’ordre de 2 500 $. Par contre, pour une collectivité, avec :

  • un tarif de 1,60$/litre d’essence;
  • une transition vers les voitures électriques dans 20 ans dont l’équivalent électrique du coût de recharge est établi dans le modèle de calcul à 20% du prix du litre – ne pensez-vous pas que je suis trop prudent avec toutes les taxes sur le pétrole que les gouvernements vont perdre;
  • des coûts accessoires (frein, pneu, huile, usure, etc.) qu’on mesure en doublant le prix du litre d’essence – j’aime cette règle que le club de vélo de Ste-Julie utilise pour le partage des frais et non seulement de l’essence lors de covoiturage; et
  • une durée de vie utile du complexe de 50 ans;

 on arrive à des frais pour les usagers pris collectivement et actualisés au moment présent à un montant forfaitaire unique de 1 293 000 $. Ce n’est pas un montant annuel comme on serait porté à le croire. C’est plutôt l’ensemble des montants des frais annuels dans un horizon de 50 ans qu’on a simplement actualisé au temps présent pour pouvoir les additionner. Vue d’une autre façon, cette cagnotte placée à 3%, hors inflation, permettrait de rembourser à chaque Montarvillois tous les frais additionnels engagés au quotidien pour parcourir chaque fois le 3,98 km, et cela selon le nombre d’utilisateurs prévus, la fréquence quotidienne déterminée, le nombre de jours annuels d’ouverture du complexe, le tout pour une période de 50 ans.

Le coût financier du CMV, passe donc de 54 906 000 $ à 56 199 000 $.

E. Coût pour polluer au CMV :   257 000 $

Eh oui! Le titre est cru. Ce dernier point consiste à calculer la valeur actualisée estimée des pénalités pour les GES additionnels que les citoyens vont produire selon le modèle fédéral de tarification de la pollution par le carbone pour les km additionnels parcourus pour la durée de vie utile de 50 ans du CMV.

Ce sont les 346 500 km additionnels par année calculés au point D ci-dessus et les GES qu’ils produisent directement ou indirectement, car pour les voitures électriques, Hydro Québec ne pourra pas vendre ses surplus sur les marchés à terme américains notamment, et il faut en tenir compte.

On traite nos km additionnels comme une décision polluante et pour nous faire pardonner pour les 50 prochaines années, on demande à la ville d’envoyer un chèque de 257 000 $ au gouvernement canadien ou à une bourse du carbone régie par les règles du modèle de tarification du gouvernement du Canada.

Le coût financier du CMV, passe donc de 56 199 000 $ à 56 456 000 $.

Conclusion:

La société BC2 a produit un rapport sur les deux emplacements où le complexe multisport pourra être érigé. La société a produit un devis pour la réalisation comme si la construction était instantanée. D’où les montants de 55M$ pour le complexe au parc Marie-Victorin et 59M$ pour le complexe à l’école secondaire Mont-Bruno. Voilà d’où proviennent ces montants.

Cette analyse financière exhaustive du dossier que j’ai produite tient compte de plusieurs points afin de mesurer le vrai coût financier qui fait en sorte que le complexe au parc Marie-Victorin coûte en réalité 56,4M$ et non 55M$ tandis que le complexe à l’école secondaire du Mont-Bruno coûte 49,8M$ et non 59M$, soit un écart de 6,6M$ en faveur du complexe à l’école secondaire du Mont-Bruno . De plus, elle innove, car elle intègre une nouvelle dimension qui devra faire partie de nos réflexes à l’avenir lorsqu’on étudiera des projets, soit celui de notre empreinte carbone additionnelle. L’empreinte carbone additionnelle du complexe sportif au parc Marie-Victorin représente un montant de l’ordre de 257 000 $.

De nombreux points et questions me viennent à l’esprit :

  • La direction des finances de la ville n’a revu aucun des montants et ne se prononce pas sur la méthodologie de calcul du coût financier;
  • La ville est au courant de mon désaccord sur les chiffres de coût qu’elle indique dans son portail et qui induisent en erreur la population;
  • Le parti au pouvoir est également au courant que ces montants ne représentent pas les vrais coûts financiers. Est-ce par incompréhension ou par volonté de promouvoir le complexe à Marie-Victorin;
  • Si c’est par incompréhension de la part de l’équipe du maire, cela n’est pas rassurant pour la ville de Saint-Bruno, car on a un conseil qui n’a pas la compétence financière de base pour apprécier la juste valeur de dossiers financiers complexes; il y aura d’autres dossiers complexes à venir, dont le PTI très bientôt;
  • Si c’est pour promouvoir de la part de l’équipe du maire le projet à Marie-Victorin, cela est troublant, car on tombe dans la déformation de l’information et de l’ingérence politique auprès de la fonction publique.

Si, lors de la consultation en début juin pour le choix du futur emplacement du complexe sportif, l’aspect financier pèse fortement dans votre décision, l’analyse ci-dessus devrait guider votre choix, car elle indique que le projet à l’école secondaire est nettement moins coûteux que celui à Marie-Victorin.

Louis Mercier
Conseiller du district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville

Piscines: nous avons gagné une première manche

J’ai une excellente nouvelle : Le gouvernement a décidé de repousser la date butoir pour se conformer au nouveau règlement, qui passe du 1er juillet 2023 au 30 septembre 2025 .

Voici la parution dans la Gazette officielle du 20 avril dernier.

Votre premier réflexe est de dire que nous avons gagné deux ans. Pour moi qui en général ne suis pas trop mauvais dans les chiffres, je dirais que nous avons gagné presque trois ans parce que de la date butoir du 1er juillet 2023, on est passé non pas au 1er juillet 2025, mais plutôt au 30 septembre 2025. Ce trimestre estival additionnel vaut son pesant d’or.

Je continue à travailler en étroite collaboration avec des citoyens de Saint-Bruno, Boucherville et Rosemère et le maire de Boucherville, M. Jean Martel afin de voir à faire évoluer ce règlement vers le maintien des droits acquis sinon dans le pire  des cas, une mise en conformité à la vente de la propriété.

Dossier à suivre.

Louis Mercier
Conseiller du district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville mais en premier lieu citoyen comme tout le monde

Ma piscine c’est ma responsabilité. J’ai signé la pétition.

Mon dernier billet intitulé » Piscine de rêve à l’époque mais de cauchemar aujourd’hui » a suscité des réactions non seulement parmi vous, chers abonnés, mais également par ceux de la page facebook Saint-Bruno-de-Montarville d’hier à aujourd’hui. En effet, près de 550 personnes de cette page montarvilloise sont venues faire une balade dans mon blogue en trois jours. Mon record était presque 300 lectures quand j’avais publié mon billet sur la venue de Molson Coors intitulée « Molson Coors: Longueuil va trinquer aux frais de l’agglomération » .

Mon courriel à notre députée, Mme Nathalie Roy et au président de l’UMQ, M. Daniel Côté, n’est pas demeuré sans réponse. L’UMQ a communiqué avec moi et j’ai eu un long entretien avec un membre de leur personnel. La démarche n’est donc pas demeurée veine.

De plus, j’ai transmis ce courriel aux maires et mairesses des cinq villes de l’agglomération de Longueuil. Encore là, la démarche a porté ses fruits car le maire de Boucherville, M. Jean Martel a communiqué avec moi. Il m’a informé que ses conseillers et conseillères ainsi que lui-même sont interpellés par plusieurs citoyens à propos de cette nouvelle loi. J’ai appris de lui que des citoyens de sa ville avaient signé une pétition qui court actuellement et qui est animée dans la plate-forme www.change.org . Cette pétition porte le nom de Ma piscine c’est ma responsabilité. Comme je n’étais pas au courant, je me permets de partager ce renseignement avec vous.

Si je me fie aux informations dans cette page, cette pétition aurait été lancée il y a huit mois mais elle connaît un essor fulgurant depuis deux jours. Comme je l’avais dit à mes collègues du conseil de ville de St-Bruno à la fin février, quand la neige sera fondue et que les citoyens vont démarrer leurs moteurs de piscines, les réactions vont se faire entendre. C’est bel et bien le cas.

J’ai signé cette pétition d’autant plus qu’elle est en droite ligne avec la proposition que j’ai formulée dans mon courriel.

Pour ceux qui sont concernés, je vous invite à la signer et bien entendu à la diffuser à votre entourage qui partage votre point de vue.

Louis Mercier
Conseiller du district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville mais en premier lieu citoyen comme tout le monde

Piscine de rêve à l’époque mais de cauchemar aujourd’hui

Voilà déjà cinq mois d’écoulés depuis que j’ai été élu comme conseiller du district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville.  Je vous écris, non seulement à vous Montarvillois, mais également à tous les autres qui sont des citoyens d’autres villes du Québec, car vous pouvez être concernés par un nouveau règlement qui touchera les propriétaires d’une résidence au Québec où il y a une piscine creusée construite avant 2010. Si ce n’est pas le cas, ne coupez pas court car cela pourrait intéresser vos voisins ou amis propriétaires d’une piscine pré-2010 qui vous remercieront de leur avoir transmis l’information ci-dessous.

En bref, un nouveau règlement voté en 2021 intitulé Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles vient retirer les droits acquis aux propriétaires de piscines installées avant 2010 et vient les forcer d’ici au 1er juillet 2023 – dans moins de 15 mois – à rendre leurs installations de piscine conformes à ce nouveau règlement. Une électrice m’a informé qu’elle en avait pour plus de 20 000$ de travaux.

Par exemple, l’aménagement suivant ne sera plus conforme à compter du 1er juillet 2023 parce qu’il n’y a pas de clôture entre la piscine et la maison bien que la propriété soit clôturée à gauche et à droite ( non visible sur cette photo) pour empêcher toute personne extérieure à accéder directement à la piscine.

Piscine à St-Bruno
Piscine à St-Bruno

Face à cette situation et comme le maire de Saint-Bruno et les sept autres conseillers étaient plutôt indifférents à la situation vécue par leurs électeurs touchés par ce problème ou se résignaient simplement à mettre le genou à terre face à cette loi provinciale, j’ai pris l’initiative d’écrire conjointement à ma députée, Mme Nathalie Roy et au président de l’Union des Municipalités du Québec (UMQ), M. Daniel Côté, pour leur faire part que la date butoir du 1er juillet 2023, imposée par ce règlement confirme que le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) est déconnecté de la réalité du quotidien et que de nombreux citoyens seront en infraction face à une incapacité de faire faire les travaux à temps.

J’arrête ici. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous invite à lire le courriel que j’ai transmis à ma députée et au président de l’UMQ. Ce courriel est certes long, mais il a le mérite non pas de critiquer aveuglément, mais d’apporter une solution simple et douce au problème créé dont seul le MAMH est responsable.

Afin de m’épauler et de vous aider entre vous, je vous demanderais, pour ceux qui partagent mon étonnement pour ne pas dire indignation, d’écrire à votre député. Vous n’avez pas à développer un rapport étoffé, mais reprenez les points de mon courriel que vous jugez pertinents, mettez un peu de liant entre eux et transmettez votre courriel à votre député (Nathalie.Roy.MOTA@assnat.qc.ca pour les Montarvillois et Bouchervillois. Pour les autres citoyens, rendez-vous dans le portail de l’Assemblée nationale du Québec afin de trouver l’adresse courrielle de votre député). N’oubliez pas de m’inscrire en copie (Louis.Mercier@stbruno.ca) ainsi que le maire de votre ville. (M. Ludovic Grisé-Farand à Saint-Bruno à l’adresse ludovic.grise@stbruno.ca) . Pour les citoyens des autres villes, l’adresse de votre maire est dans le portail de votre ville. Pour terminer, n’hésitez pas à en parler à d’autres citoyens du Québec qui vivront le même problème. Si ce sont des Montarvillois et s’ils ne demeurent pas dans le même district électoral que le mien, invitez-les à ajouter leur conseiller ou conseillère de district comme destinataire dans leur courriel à Mme Nathalie Roy.

Il y a un très beau proverbe africain porteur de réussite qui dit : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». J’ai fait vite pour écrire à notre députée et au président de l’UMQ; maintenant, j’ai besoin de vous pour aller plus loin.

Louis Mercier
Conseiller du district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville

Trois options, c’est mieux que deux !

Au conseil du 18 janvier dernier, Vincent Fortier, conseiller du district 2 et moi avons proposé au maire Ludovic Grisé-Farand et à son équipe de bonifier la consultation pour le complexe multisport en ajoutant l’option du parc Rabastalière.

Vincent Fortier, qui connaît tous les tenants et les aboutissants des différentes options pour l’implantation du complexe sportif, car il en est à son 2e mandat de conseiller municipal, a publié dans sa page Facebook une série d’arguments que je reprends ici, avec une légère touche personnelle.

Pourquoi faut-il ajouter l’option du parc Rabastalière? Parce que :

  • Les citoyens ont droit à une information complète et de qualité pour prendre leur décision. Or, en éliminant un site sans même consulter les Montarvillois, les élus décident à la place des citoyens.
  • Notre rôle est de proposer aux citoyens des projets qui permettent de favoriser la mobilité active, l’accessibilité aux infrastructures pour le plus grand nombre et la lutte aux changements climatiques. Sans compter que le projet au centre-ville permettrait de soutenir nos commerçants locaux.
  • Tous les experts consultés nous recommandent de construire au cœur du village.
  • Bien que le site de l’école secondaire soit fort intéressant, mon premier choix ainsi que pour Vincent Fortier, il risque d’être moins appuyé en raison du délai de réalisation qui pourrait être plus long qu’ailleurs.
  • De nombreux citoyens soutiennent la transformation du parc Rabastalière par la construction d’une infrastructure servant à tous les citoyens, peu importe leur âge ou le sport qu’ils pratiquent.
  • Dire que les terrains de balle sont des îlots de fraîcheur et qu’ils ne doivent pas être détruits est une assertion qui ne résiste pas à l’analyse. Construire derrière l’école secondaire, le choix qui rallie tous les conseillers, viendra détruire un bois derrière l’école. Et si c’est au parc Marie-Victorin, on viendra détruire également une surface verte et donc un îlot de fraîcheur. Quoi qu’on fasse, il y aura destruction d’îlot de fraîcheur et ce ne sera ni une première ni une dernière, hélas.
  • Malheureusement, le maire et les conseillers de son équipe ont voté en bloc contre notre proposition qui permettrait réellement à tous les Montarvilloises et Montarvillois d’exprimer leur point de vue lors de la consultation publique prévue ce printemps.

Lors de ma campagne électorale, j’ai écrit dans mon programme de campagne que je privilégiais le centre-ville pour y construire un centre multisport en favorisant en tout premier lieu un complexe qui se grefferait à l’école secondaire (voir la section Mes objectifs pour la ville).  À défaut d’être à l’école secondaire, il faut obligatoirement présenter un autre choix et selon moi, compte tenu des démarches de l’ancien conseil et plusieurs voix citoyennes qui se sont fait entendre pour le parc Rabastalière, cet endroit DOIT FAIRE PARTIE DE LA CONSULTATION.  

Ce complexe coutera 40M$, voire 50M$. Si on veut après la consultation rallier toute la population au choix démocratique de la majorité,  il faut que l’éventail des options offert à la consultation rejoigne un très grand nombre de citoyens.  Ce n’est pas le cas actuellement, car s’il y a une impossibilité technique ou politique de le construire à l’école secondaire, il n’y aura plus d’autres options au centre-ville.

Pour signifier votre appui à notre démarche, je vous demande d’écrire au maire et à son équipe à l’adresse mairie@StBruno.ca (merci de nous ajouter en copie : Vincent.Fortier@StBruno.ca et Louis.Mercier@StBruno.ca) en leur demandant d’ajouter le parc Rabastalière dans le choix des options offertes aux Montarvillois et Montarvilloises. Suggérez à votre conjoint ou conjointe, le cas échéant à poser le même geste. J’irais plus loin: vos enfants même jeune adolescent peuvent écrire car si par défaut, le site devait être au parc Marie-Victorin dans le parc industriel, vous risquez de faire le taxi plus souvent qu’autrement et vos enfants ne pourront pas se rendre au complexe sportif à pied ou à bicyclette.

Vous ne serez pas seul à écrire, car si déjà plusieurs personnes l’ont fait, d’autres s’ajouteront. Entre autres, pour nous assurer que les Montarvillois se font entendre, Vincent Fortier et moi avons fait paraître un encart en page 5 de l’hebdomadaire Les Versants du 2 février 2022 afin d’inviter les citoyens à demander que le parc Rabastalière soit ajouté à la liste des endroits où le complexe multisport pourra être construit.

Pour conclure, ne pas offrir l’option du parc Rabastalière contribuera à diviser la population et ne légitimera pas le résultat de la consultation à venir.

Louis Mercier
Conseiller du district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville

Élections 2021: St-Bruno se classe 2e

Les résultats des élections municipales 2021 sont maintenant définitifs. Hélas, Saint-Bruno s’est classé 2e parmi les 74 villes de 15 000 habitants et plus. Je vous avais déjà donné un avant-goût de ce résultat dans mon avant-dernier billet intitulé J’ai gagné et j’ai perdu.

Pour les impatients qui veulent voir en parallèle les résultats complets de 2021, cliquez sans retenue sur le lien du Classement des villes de 15 000 habitants lors des élections municipales 2021-2017-2013.

Après que vous ayez succombé à votre impatience, j’espère que vous lirez ce qui suit.

Lors de ma campagne électorale, je me suis fixé des objectifs de district et des objectifs pour la ville. Le 13e et tout dernier de mes objectifs de ville était le suivant : « Obtenir un taux de participation de plus de 66% à ces élections 2021, soit 2 électeurs sur 3 (60% aux élections de 2013 et 55% aux élections de 2017) afin que Saint-Bruno se classe première au Québec en 2021 (3e en 2013 et 3e en 2017). »

Vous savez maintenant que je suis passé à côté tant pour le pourcentage – vraiment à côté – que le rang.  La commande était sérieuse et en réalité, c’étaient plus aux partis politiques à s’approprier un tel objectif « conjointement et solidairement » pour prendre une expression juridique. Cela n’a pas été le cas et ce n’est pas un reproche. Par contre, cela pourrait être un objectif commun aux élections de 2025.

Afin d’inciter les Montarvillois à aller voter, j’ai décidé de faire imprimer une dizaine de pancartes neutres où il était simplement inscrit «  À Saint-Bruno, pour une démocratie forte, je vote ». Pour moi, voter c’est s’autoriser à critiquer les élus comme je l’ai écrit dans mon dépliant de campagne.

La stratégie consistait à répartir ces pancartes aux portes d’entrée de Saint-Bruno sur mes palettes et à certains endroits très passants non seulement dans mon district mais également hors de mon district comme l’entrée par Seigneurial ou Clairevue ou De Boucherville. Voici à quoi ressemblait cette pancarte que j’ai pu installer à l’angle des rues Montarville et Clairevue avec la permission de Mélanie et Jean-Benoît, un jeune couple pétillant qui demeure à ce carrefour et qui était partant pour que leur propriété serve à rappeler aux gens que voter c’est important. Je leur en suis profondément reconnaissant.

Pancarte à l’angle Montarville et Clairevue
Pancarte à l’entrée de Seigneurial
Pancarte Rabastalière et Montarville

Pour ceux qui m’ont suivi depuis le lancement des élections et mes nombreux billets sur mes pancartes sur palettes, vous avez pu voir ce genre d’affiche à maintes reprises dès mon premier billet de départ ÉMJ2/J-50 et ceux qui ont suivi.

Hélas, ça n’a pas suffi. Toutefois, Saint-Bruno est passé du 3e rang au classement en 2017 au 2e rang en 2021. C’est quand même bien quand on sait qu’en 2013, on s’était classé également 3e. On peut affirmer qu’à Saint-Bruno, on s’inscrit dans la continuité de la participation citoyenne et voter c’est important, toute proportion gardée. Pour ceux qui veulent relire le billet que j’avais écrit à propos de résultats en 2017, cliquez sur le lien Élections 2017 : taux de participation pour les villes de plus de 15 000 habitants.

Maintenant, voici un extrait pour comparaison du classement 2017 puis celui de 2021 pour les trois médaillés et les autres villes de l’agglomération de Longueuil, sans Boucherville en 2021 car le parti de M. Jean Martel a été reconduit faute d’avoir des partis ou candidats pour se présenter contre eux. C’est quand même triste pour la démocratie quand on sait que Boucherville est la ville la plus pénalisée dans l’agglomération, chiffres à l’appui pour autant que les politiciens et politiciennes de cette ville puissent les comprendre.

2017:

Médaille d’or :                  Sorel-Tracy                                         56,9%
Médaille d’argent :         Saguenay                                              55,7%
Médaille de bronze :      Saint-Bruno-de-Montarville     54,7%
11e                                          Saint-Lambert                                  48,2%
13e                                         Boucherville                                       47,7%
46e                                        Brossard                                                37,7%
56e et dernière                 Longueuil                                             33,1%
Moyenne Québec                                                                              44,8%

2021:

Médaille d’or :                 Saint-Augustin-de-Desmaures 53,3%
Médaille d’argent :        Saint-Bruno-de-Montarville 50,1%
Médaille de bronze :      Mont-Royal 48,7%
16e                                         Saint-Lambert                                  40,9%
36e                                         Longueuil                                      34,0%
50e                                        Brossard                                                29,2%
Boucherville                  Élu sans opposition
Moyenne Québec                                                                              38,7%

On y constate, comme cela a été dit sur toutes les tribunes de nombreuses fois, que la participation a fortement diminué à la grandeur du Québec. En effet, le taux de participation de 44,8% en 2017 a chuté à 38,7%. Est-ce l’effet Covid, la surdose d’élections imputable à celle du fédéral qui est venue ankyloser le citoyen ou simplement un désintéressement à la politique municipale? Par contre, Saint-Augustin-de-Desmaures au 7e rang en 2017 avec un taux de participation de 50,3%, fait très bien en 2021 et se classe première en haussant son taux de participation à 53,3%.

Parmi les 74 villes dont la population est supérieure à 15 000 habitants, 17 villes comme Boucherville ont vu un parti être porté au pouvoir sans opposition. Il y en avait 16 en 2017.

Dans l’agglomération de Longueuil, la baisse s’est fait sentir également sauf à Longueuil où le taux de participation, déjà très faible, s’est maintenu. La présence de nombreux candidats connus n’est peut-être pas étrangère au maintien du taux de participation d’un électeur sur trois. Enfin, il faut malheureusement souligner la dégringolade du vote à Brossard qui passe de 37,7% à 29% et comme je l’ai indiqué, la victoire de l’équipe Martel à Boucherville sans opposition.

Il est intéressant de noter que dans l’agglomération de Québec, les deux villes reconstituées, St-Augustin-de-Desmaures et L’Ancienne-Lorette se classent toujours très bien à chaque élection, tout comme la ville de Québec .

Comme je l’avais indiqué en 2017 à propos du résultat inférieur à 35% pour Longueuil, rappelons-nous encore une fois que pour défusionner en 2004 et recouvrer sa ville, il fallait un taux de réussite de 35% des électeurs inscrits pour légitimer la décision. Alors en 2017, toutes autres choses étant égales par ailleurs et selon cette règle, si tous les électeurs votants de Longueuil et j’écris bien tous les électeurs votants avaient voté pour Mme Catherine Fournier, avec un taux de participation citoyenne de 34%, elle n’aurait pas pu être mairesse de Longueuil, faute d’avoir franchi le seuil de légitimité de 35%. En passant, cela vaut également pour les autres candidats défaits à la mairie de Longueuil.

Je vous donne rendez-vous en novembre 2025 pour la prochaine publication du classement des municipalités de 15 000 habitants et plus lors des élections municipales.

Louis Mercier,
Citoyen de Saint-Bruno-de-Montarville

L’escouade rentre au bercail

La campagne municipale est terminée, le résultat est connu et il faut retirer les pancartes. Encore merci de votre appui.

Hormis celles fixées sur les poteaux ou lampadaires, qui ont été retirées sans difficulté, il fallait rapatrier – dégager de l’espace public – celles sur palettes, qui ont fait partie de ma signature.

Je partage avec vous la mosaïque de mon escouade sur palette de sept dociles soldats au garde-à-vous regroupés devant ma maison, qui a animé ma campagne électorale municipale 2021 dans le district 5 à Saint-Bruno.

Prochain billet: ce sera sérieux. Les taux de participation des élections par ville où St-Bruno se démarque.

Louis Mercier
Conseiller dans le district 5

J’ai gagné et j’ai perdu

C’est un titre quelque peu contradictoire à première vue, mais regardons-y de plus près.

Oui j’ai gagné les élections pour le poste de conseiller dans le district 5 à Saint-Bruno-de-Montarville, mais j’ai raté mon premier objectif « livrable » dans le groupe de mes « objectifs de ville » de mon programme électoral qui consistait à faire sortir le vote non seulement dans mon district, mais également dans les autres districts de la ville afin que Saint-Bruno se classe première au Québec parmi les 74 villes de 15 000 habitants et plus.

Débutons par la bonne nouvelle :

Les électeurs et électrices m’ont élu pour représenter le district 5 à Saint-Bruno. Merci à ceux parmi vous qui demeurent dans le district 5 à Saint-Bruno et qui ont voté pour moi.

C’était une lutte à trois personnes, dont deux partis contre un candidat indépendant:

  • Véronique Mauro du parti Ensemble Saint-Bruno;
  • Ève Poirier du parti Citoyens d’abord Saint-Bruno; et
  • Moi-même comme candidat indépendant.

Le district 5 était le seul district parmi les huit districts à Saint-Bruno où il y avait un candidat indépendant. Je trouve cela malheureux qu’il n’y ait pas eu de citoyens, ne serait-ce qu’un seul en plus, qui aient fait comme moi. Je ne discourrai pas sur ce point pour éviter de vous désintéresser et de vous perdre.

Résultat final: sur les 1 440 bulletins de vote décomptés, j’ai gagné par 26 voix, soit presque 2% de voix d’écart avec Mme Poirier :

  • Louis Mercier : 505 voix, soit 35,07%;
  • Ève Poirier :  479 voix, soit 33,26%; et
  • Véronique Mauro : 456 voix, soit 31,67%;

Il y a avait 2 585 électeurs inscrits dans le district 5. 515 électeurs ont voté par anticipation les 30 et 31 octobre, soit un taux de 19,9%. 14 électeurs ont voté par correspondance. Cela nous laisse 911 électeurs qui ont voté le dimanche 7 novembre.

Faisons un retour en arrière: au rythme où se déroulait mon porte-à-porte, je croyais que je me dirigeais vers une victoire relativement facile. Ça n’a pas été du tout le cas. Certes je convainquais les électeurs facilement, mais je sous-évaluais le fait que les électeurs rencontrés quatre ou cinq semaines avant la date du scrutin allaient m’oublier au passage de mes adversaires. De plus, bien des électeurs sont tombés sous le charme «artificiel »  des partis. Les quelque 950 portes que j’ai visitées sur les 1 250 au registre n’ont pas été de trop.

Maintenant la « moins bonne nouvelle » si c’en est une.

Admettons que j’exagère un peu afin de capter votre attention. Je m’étais fixé l’objectif suivant dans le groupe de mes objectifs de ville par opposition à mes objectifs de district :

« Obtenir un taux de participation de plus de 66% à ces élections 2021, soit 2 électeurs sur 3 (60% aux élections de 2013 et 55% aux élections de 2017) afin que Saint-Bruno se classe première au Québec en 2021 (3e en 2013 et 3e en 2017) » .

À la grandeur du Québec, il semble que les taux de participation aient baissé. On a entendu cela largement à la radio. Même constat à Saint-Bruno.

Mes premiers relevés pour les 74 villes de 15 000 habitants et plus, indiquent que Saint-Bruno s’est classé 2e derrière une rivale bien connue et qui est St-Augustin-de-Desmaures. Cette dernière a connu un taux de participation de 53,3% contre 50,1% pour Saint-Bruno. En passant, St-Augustin et St-Bruno ne sont pas étrangères l’un à l’autre. En effet, selon le classement des meilleures villes où il fait bon vivre selon l’organisme MoneySense , ces deux villes étaient dans le haut du classement en 2017. La 3e ville dans le classement des élections de cette année est Mont-Royal avec 48,7%. Je rappelle que Saint-Bruno s’est classé 3e en 2013 et également 3e en 2017.

Je vais compléter mon étude et je reviendrai vers vous dans un autre billet. Par contre, si cela s’avère exact, on peut d’ores et déjà dire que c’est une victoire par rapport à l’objectif que je m’étais fixé et pour lequel j’ai travaillé d’arrache-pied. Explications donc à suivre dans un autre billet.

En conclusion, je remercie tous ceux et celles du district 5 qui ont voté pour moi. Je laisse mes pancartes sur le terrain encore une semaine, car j’ai ajouté un bandeau de remerciement sur un ensemble de cinq palettes. Remarquez sur une des photos que j’annexe que j’ai mon vélo avec moi, car il m’a accompagné durant plus du deux tiers de ma campagne. Il a eu un effet inattendu, car les gens me félicitaient de faire ma campagne en vélo; ainsi, mon discours environnemental avait beaucoup plus de portée.

Merci encore à vous tous.

Louis Mercier
Conseiller dans le district 5